Retour sur le Mardi de la CLEF « Afghanes, sœurs de sang » et REPLAY

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Retour sur le Mardi de la CLEF « Afghanes, sœurs de sang » et REPLAY

 

Cette semaine s’est tenu notre 9ème édition des Mardi de la CLEF, intitulé « Afghanes, sœurs de sang ».

Portant sur les conséquences de la prise de pouvoir par les talibans, la conférence regroupait les intervenantes suivantes :

Delphine Borione
Ambassadrice pour les Droits Humains, chargée de la dimension internationale de la Shoah, des spoliations et du devoir de mémoire.

Diplomate, Delphine Borione a longtemps travaillé pour l’ONU, notamment pour le Programme Alimentaire Mondial, dans divers postes à l’étranger et au Quai d’Orsay.

Elle est en première ligne au Ministère des Affaires Etrangères sur les demandes d’évacuation des Afghans et Afghanes en danger.

  • Elle recommande de poursuivre les pressions diplomatiques de la part des Etats sur les talibans et de mettre en place des dispositifs de surveillance sur le territoire afghan afin de garantir la mise en place d’un gouvernement inclusif, le respect des droits humains, de la liberté de mouvement et d’opinion.
  • Elle recommande d’investir des moyens humains, matériels et financiers auprès des mouvements de femmes locaux en Afghanistan afin de soutenir leurs mobilisations.

 

Rada Akbar
Artiste, photographe et militante

Rada Akbar utilise son art pour défendre les droits des Afghan.es les plus marginalisé.es. Pendant trois ans, elle a tenu une exposition à Kaboul honorant les femmes afghanes ayant marqué l’histoire, allant des journalistes aux policières. Son travail célèbre les Afghanes et leur résilience face à la brutalité sans relâche qu’elles subissent.

Exfiltrée en France depuis le 18 août, ses épreuves continuent alors qu’elle recherche un lieu de résidence et un studio artistique pour poursuivre son engagement.

  • Elle recommande d’organiser des actions de plaidoyer auprès de nos gouvernements, afin qu’une action diplomatique internationale soit mise en œuvre pour surveiller le respect des droits humains en Afghanistan.
  • Elle recommande de soutenir les médias locaux en Afghanistan afin de garantir l’accès à la presse libre.

 

 

Louise Clément
Directrice Générale d’Afghanistan Libre

Diplômée en Relations Internationales et Gestion de crise, Louise rejoint Afghanistan Libre en 2018. Elle participe au développement d’actions de soutien des filles et femmes afghanes  comme les Classes Digitales (une formation numérique professionnalisante pour les lycéennes afghanes) ou encore le soutien psychosocial pour lutter contre les violences de genre.

Elle se mobilise pour soutenir son équipe restée à Kaboul, cherchant à les faire évacuer, et œuvrant pour leur sécurité d’ici là.

  • Elle recommande d’écouter les femmes afghanes en priorité afin de leur apporter l’aide qu’elles demandent, qu’elles soient exfiltrées ou non.
  • Elle recommande de poursuivre la mobilisation afin que les voix des Afghanes restent entendues en dépit de l’agenda médiatique.
  • Elle recommande de démultiplier les efforts institutionnels pour répondre aux demandes d’évacuation.

 

Fahimeh Robiolle
Ancienne ingénieure en physique nucléaire pour le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives.

Vice-présidente du Club France-Afghanistan et enseignante à l’ESSEC et aux universités de Kaboul et de Téhéran, elle est spécialisée en négociation, gestion de conflit, et leadership. Elle organise des séminaires de développement de leadership pour les femmes leaders afghanes.

En tant que femme franco-iranienne, elle dresse des parallèles entre les femmes iraniennes et les femmes afghanes qui sont d’une importance cruciale pour guider les actions de soutien.

  • Elle recommande la mise en place d’un couloir humanitaire pour les populations déplacées.
  • Elle recommande de poursuivre les exfiltrations des groupes les plus vulnérables, notamment les femmes exerçant des fonctions journalistiques, politiques, policières, artistiques et les étudiant.es.
  • Elle recommande d’assurer la poursuite des études des personnes exfiltrées en ouvrant des places dans les universités.
  • Elle recommande une action diplomatique coordonnée de la part de l’UE et la mise en place d’un dispositif de surveillance du respect des droits humains en Afghanistan par les Nations Unies.
  • Elle recommande une action de plaidoyer pour responsabiliser nos Etats.

 

Carol Mann
Historienne-Chercheuse spécialisée dans les problématiques de Genre et Conflit armé et également militante humanitaire.

Fondatrice de l’association Femaid d’aide aux victimes de guerre et du think tank Women in war, elle a parcouru la planète dans les zones de conflit et a notamment longtemps travaillé en Afghanistan.

Son expertise riche, car à la fois théorique et empirique, des besoins sociaux des femmes en situation de conflit armé est une ressource inestimable pour venir en aide aux Afghanes, exfiltrées comme restées au pays.

  • Elle recommande la mise en place de permanences d’éducation aux droits pour les femmes exfiltrées. Par exemple, les droits civils et politiques, les droits économiques et sociaux, les droits liés à la santé sexuelle et reproductive, etc…
  • Elle recommande que la mobilisation des personnes afghanes qualifiées exfiltrées dans les actions d’aide et d’assistance à destination des Afghan.es nouvellement instalé.es. Par exemple, les professionnel.les de la santé, de l’éducation, du droit, etc…

 

Solène Chalvon-Fioriti
Grand-reporter de guerre et correspondante de presse en Afghanistan depuis 10 ans.

Elle a réalisé le documentaire « Afghanistan, vivre en pays taliban » sélectionné pour le Prix Bayeux 2021, et dispose donc d’une connaissance fine du territoire afghan et de la situation des femmes et des filles face aux talibans.

Solène se mobilise pour que la voix des femmes reste entendue, en dépit de l’agenda médiatique.

  • Elle recommande l’organisation d’actions locales et directes de soutien aux femmes exfiltrées. Par exemple, des cours de français, des dons d’habits, des mises en réseau professionnel, etc…
  • Elle recommande le soutien du lien numérique avec les femmes et les filles afghanes restées au pays afin que celles-ci puissent poursuivre leurs études et leur travail en ligne.

 

>>Vous pouvez dorénavant retrouver l’intégrale de la conférence en replay ICI<<